L'autre

L’autre c’est celle qu’on voit dans le miroir, c’est celle qu’on est bien la seule à voir. C’est la partie de nous qui nous fais honte, qu’on hait, qu’on nie. Peu importe finalement, il ya toujours un moment où l’on se sent plus faible et vulnérable, ce moment où vous savez que vous avez tord mais que vous ne pouvez pas empêcher, c’est celle qui entraine le regret.
Dans ce film, l’autre est la jalousie, celle qui vous rend folle. Anne-Marie rompt avec Alex pas parce qu’elle a cessé de l’aimer mais parce qu’elle veut sa liberté. Elle va vite comprendre que ce n’est pas cette liberté qu’elle voulait et elle va essayer de s’en prendre à sa rivale. La jalousie va alors transformer sa vision et ses pensées.
Anne-Marie me fait beaucoup penser à cette catégorie de femme, mûre et s’assumant, indépendante et forte. Le genre de femme qui a besoin des hommes comme si une relation quelconque définissait leurs vies. Vous savez le genre qui reste célibataire une semaine et pour qui c’est déjà très dure. Une pointe de jalousie ? De la pitié ! J’aime mon indépendance, pas vous ?

Ce film est sous tension, il fait partie de ses films qui vous hypnotise, ce n’est pas de l’action, de la romance non plus, ni même de l’émotion, c’est des tripes.

« Tu n’as vraiment pas oublié comment c’était là-bas ? comme là-bas tout fluctue, se transforme, s’échappe... tu avances à tâtons, toujours cherchant, te tendant... vers quoi ? qu’est-ce que c’est ? ça ne ressemble à rien... personne n’en parle... ça se dérobe, tu l’agrippes comme tu peux, tu le pousses... où ? n’importe où, pourvu que ça trouve un milieu propice où ça se développe, où ça parvienne peut-être à vivre... Tiens, rien que d’y penser... » (Nathalie Sarraute, Enfance)

Je trouve que ce passage expliquant avec vague ce qu’est un tropisme, représente bien un certain style dans le cinéma qui me plait. Vous savez cette sensation quand vous sortez d’un film, vous n’avez pas envie de rire ni de pleurer, c’est de l’ordre de la plénitude, quand tout autour de vous n’est qu’un décor et que tous le stress de la ville n’était qu’un figurant. Vous êtes seule avec vos pensez, et finalement vous n’êtes même plus sure que le film était bon, vous ne savez pas si il avait un sens mais ce que vous savez c’est que c’est pour cela que vous allez au cinéma. Attention toutefois aux abus ! Du Michel Houellebecq c’est incompréhensible et c’est chiant !

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